Le cinéma américain des années 90 : les films et tous ceux à l'écran ou derrière qui ont fait le cinéma américain des années 90.
| titre original | "Absolute power" |
| année de production | 1997 |
| réalisation | Clint Eastwood |
| photographie | Jack N. Green |
| musique | Lennie Niehaus |
| interprétation | Clint Eastwood, Gene Hackman, Scott Glenn, Ed Harris, Laura Linney, Judy Davis |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Thriller ? pamphlet politique ? comédie ? humour noir ? Ce film, au scénario roublard et peu vraisemblable, est tout cela. Réalisé de façon efficace, sans temps mort, il reste passionnant du début à la fin. Clint Eastwood, vieillissant, est superbe.
La critique de Pierre
Presque 13 ans... voilà presque 13 ans que j'étais dans la grande salle (la salle prestiiige) de l'UGC Normandie pour voir le nouveau Clint (quand je pense que je le trouvais déjà très vieux !). Et voilà bien longtemps que je n'avais pas revu ce film, dont je m'étais particulièrement épris à l'époque merveilleuse du laserdisc. Quid ?
Et bien la première chose qu'on puisse dire, c'est que ce film bénéficie d'un casting absolument hallucinant.
Tout d'abord, il y a bien sûr Clint lui-même, tout en charme surrané, dans le rôle de Luther, un ancien militaire devenu voleur de génie, qui va par hasard être témoin d'un meurtre impliquant le Président des USA.
Et Mister President, c'est carrément Mister Chuckles (Gene Hackman) himself ! Quel choix de folie ! Et je ne l'avais pas trop remarqué à l'époque, mais Hackman est vraiment excellent dans ce rôle. Il a notamment une scène où il danse devant tout le monde avec Judy Davis (sa conseillère), et ils font semblant de se sourire alors qu'ils se disent des horreurs. Excellent !
Mais là où ça se corse, c'est que l'un des gardes du corps de Mister President, celui qui est prêt à tout pour protéger son patron, même à menacer, c'est... Mister President aussi (Dennis Haysbert, "24 heures chrono"), qui joue donc un petit rôle, mais tout de même marquant ! D'autant plus dingue que Sherry Palmer a aussi un petit rôle dans le film !
On continue avec Laura Linney, qui joue la fille de Luther, une actrice un peu froide mais que j'aime bien, parce qu'elle est parfaite pour jouer les salopes-qui-cachent-en-fait-un-caractère-émotif (c'est le cas ici). Heureusement qu'elle est protégée par Ed Harris, dans le rôle du flic. Le man livre une prestation particulièrement excellente ici, dans le rôle du mec convaincu que Eastwood était sur les lieux du meurtre mais n'était pas le meurtrier. Il a notamment une scène démente avec Eastwood, où ils prennent un café ensemble, avec des dialogues tout en "je sais que tu y étais" et "je sais que tu sais". A la fin, Eastwood se lève avec un sourire jusqu'aux oreilles en disant "je vous laisse, je vais changer mon pacemaker". Resté seul, Ed Harris prend une gorgée de café et dit distinctement "pacemaker, mon c... !". J'adore !
Mais il y également plein d'autres seconds rôles :
- Scott Glenn, dans le rôle d'un garde du corps du Président, plein de scrupules ;
- E.G. Marshall ("12 hommes en colère", "Nixon"), dans le rôle du mentor du Président, dont la jeune femme a été tuée.
Une intrigue politico/policière, une belle mise en scène avec du suspense, des acteurs de folie, tout ça assure un spectacle de très, très haut niveau. Mais pourquoi pas un chef-d'oeuvre ? Le trop-plein. Il y a trop de films dans ce film : Eastwood et sa fille, le Président et l'intrigue politique, l'enquête d'Ed Harris, les remords de Scott Glenn, parfois, tout ça finit par manquer de cohérence. Et la conclusion du film est à ce titre plutôt décevante. Ca se termine un peu à la va-vite de manière pas trop, trop crédible. Mais si vous voulez passer deux heures pas idiotes avec du suspense et des acteurs de folie, donc, ça le fait !